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Anxiété et climat politique

  • Photo du rédacteur: Amélie Simonetti
    Amélie Simonetti
  • 6 mars
  • 3 min de lecture

Le climat politique actuel, en France comme à l’international, est traversé par des tensions fortes : polarisation idéologique, instabilité institutionnelle, conflits armés, menaces géopolitiques, discours alarmistes. L’exposition permanente à ces informations crée chez beaucoup une grande anxiété diffuse, parfois difficilement supportable au quotidien.


Face à cette sensation d’instabilité et de menace potentielle, un mécanisme psychique se met en place presque automatiquement : chercher à comprendre, anticiper, surveiller. S’informer devient une tentative de régulation.



L’anxiété a une fonction



L’anxiété n’est pas un dysfonctionnement. C’est un signal d’alerte.


Elle apparaît lorsqu’une situation est perçue comme incertaine, imprévisible ou potentiellement dangereuse. Dans un contexte de guerre, de tensions internationales, de crises politiques ou économiques, notre système nerveux active une vigilance accrue. Historiquement, cette capacité d’anticipation a permis la survie : repérer les signes de danger avant qu’ils ne deviennent imminents.


Aujourd’hui, la majorité des menaces auxquelles nous sommes exposés sont médiatisées, lointaines, hypothétiques ou complexes. Notre cerveau réagit pourtant comme si elles étaient immédiates. Il tente d’anticiper des scénarios futurs pour nous protéger.


Anticiper donne une impression de contrôle. Mais cette impression est en grande partie une construction mentale.



Le besoin de contrôle face à l’incertitude



Lorsque le contexte politique devient instable, le besoin de contrôle augmente. Comprendre les enjeux, analyser les stratégies des dirigeants, décrypter les rapports de force internationaux peut donner le sentiment d’être préparé.


Psychiquement, cela fonctionne comme ceci :

Si je comprends, je pourrai anticiper.

Si j’anticipe, je serai moins vulnérable.


Or, dans les situations géopolitiques complexes, notre marge d’action individuelle est extrêmement limitée. Nous ne décidons ni des orientations diplomatiques, ni des conflits armés, ni des alliances stratégiques.


Le cerveau, lui, continue à produire des scénarios. Il imagine des effondrements, des dérives autoritaires, des crises économiques majeures, des escalades militaires. Il fait ce pour quoi il est programmé : réduire l’incertitude en construisant des hypothèses.


Mais une hypothèse n’est pas un fait.


L’anxiété nous fait confondre le possible avec le probable, et parfois même avec le certain.



L’illusion de maîtrise



S’informer en continu, multiplier les sources, analyser chaque déclaration politique peut donner l’impression d’être actif. Pourtant, cette hypervigilance entretient souvent l’activation du système d’alerte.


Le paradoxe est le suivant : plus on cherche à se rassurer par la connaissance exhaustive, plus on alimente le circuit anxieux.


L’impression de contrôle est une illusion partielle. Nous avons un pouvoir d’action sur certaines choses : notre vote, nos engagements, nos discussions, notre manière de transmettre à nos enfants, notre gestion de l’information.


En revanche, nous n’avons pas de contrôle direct sur les décisions macro-politiques ou militaires. Continuer à mobiliser notre énergie psychique comme si nous pouvions les influencer entretient une tension interne chronique.


Reconnaître cette limite n’est pas un renoncement. C’est une clarification du périmètre réel d’action.



Quand l’imaginaire prend toute la place



Le cerveau anxieux fonctionne beaucoup par images mentales. Il projette des scénarios catastrophiques. Il amplifie les signaux faibles. Il extrapole.


Or, l’imaginaire n’est pas la réalité.


Pour aider le cerveau à faire la différence, un exercice simple peut être proposé :


  1. Prenez une situation politique actuelle qui vous inquiète.

  2. Pensez au scénario catastrophe que votre esprit imagine spontanément, dans le détail.

  3. Puis pensez à un scénario raisonnablement positif : des négociations qui aboutissent, des tensions qui se stabilisent, des institutions qui tiennent.

  4. Enfin, pensez à un scénario volontairement farfelu : par exemple une résolution du conflit décidée autour d’une table de médiation improbable, ou une transformation radicale et inattendue du contexte.



L’objectif n’est pas de nier les risques.

Il est de montrer à votre cerveau qu’il produit des hypothèses, pas des certitudes.


En générant volontairement une hypothèse positive et une hypothèse absurde, vous lui rappelez que l’avenir n’est pas écrit et que son scénario catastrophique n’est qu’une possibilité parmi d’autres.


Cela permet souvent de desserrer légèrement l’emprise de l’anticipation anxieuse.



Retrouver un ancrage



Dans les périodes de tensions politiques ou de menaces de guerre, il est essentiel de revenir à des points d’appui concrets : le quotidien, les relations proches, les routines... Non pas pour se couper du monde, mais pour éviter que l’imaginaire collectif envahisse totalement l’espace psychique.


L’anxiété liée au climat politique actuel n’est pas un signe de faiblesse. Elle traduit un besoin de sécurité face à l’incertitude.


Mais lorsque l’anticipation prend toute la place, elle cesse d’être protectrice et devient épuisante.


Apprendre à distinguer ce qui relève de notre responsabilité réelle de ce qui dépasse notre champ d’action permet souvent de retrouver une forme de stabilité intérieure, même lorsque le contexte extérieur reste tendu.

 
 
 

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