La pression des résolutions en janvier
- Amélie Simonetti
- 15 janv.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 16 janv.
Chaque mois de janvier, la même question revient : « Quelles sont tes résolutions ? »
La réponse ressemble souvent à être plus motivé-e, plus organisé-e, plus sportif-ve, plus serein-e…
Sur le papier, l’idée est séduisante. Dans la réalité, elle est souvent source de culpabilité, de découragement et d’auto-critique.
Si vous vous sentez déjà fatigué-e, démotivé-e ou en décalage avec cette dynamique collective, sachez qu’il n’y a rien d’anormal !
Pourquoi les résolutions génèrent plus de mal-être que de changement
D’un point de vue psychologique, les résolutions reposent souvent sur plusieurs mécanismes fragilisants :
elles sont rigides (« il faut que », « je dois absolument »),
elles idéalisent une version future de soi en dévalorisant la version actuelle,
elles ignorent l’état émotionnel réel dans lequel la personne se trouve,
elles renforcent une logique de performance plutôt qu’une logique de soin.
Autrement dit, on demande souvent à un psychisme déjà fatigué… d’en faire plus.
Résultat : très vite, l’écart entre l’objectif et la réalité crée un sentiment d’échec, parfois dès les premières semaines de janvier.
Le problème n’est pas le manque de volonté
Contrairement à une idée très répandue, ce n’est pas un défaut de motivation qui explique l’abandon des résolutions. C’est souvent un mauvais point de départ.
Changer suppose une certaine sécurité intérieure :
un minimum d’énergie disponible,
un rapport suffisamment bienveillant à soi,
la capacité à ajuster plutôt qu’à se contraindre.
Lorsque ces bases ne sont pas là, la pression supplémentaire devient contre-productive.
Et si on remplaçait les objectifs par des intentions ?
Plutôt que de se fixer des objectifs chiffrés ou normatifs, il peut être beaucoup plus soutenant psychologiquement de formuler des intentions.
Une intention ne demande pas :
- « Qu’est-ce que je dois accomplir ? »
mais plutôt :
- « Comment ai-je envie de me sentir ? »
- « De quoi ai-je besoin en ce moment ? »
Par exemple :
au lieu de « reprendre le sport sérieusement » → remettre du mouvement dans ma vie,
au lieu de « être moins stressé·e » → apprendre à repérer plus tôt les signaux de surcharge,
au lieu de « aller mieux » → me traiter avec un peu plus de douceur quand ça ne va pas.
Ces intentions laissent de la place à l’ajustement, à l’imperfection, au réel.
Janvier n’est pas un mois pour se transformer
C’est souvent un mois de transition, de digestion (au sens propre comme au sens psychique), de ré-adaptation après les fêtes et la fin d’année.
Vouloir y poser des changements majeurs peut aller à l’encontre du rythme naturel du psychisme.
Parfois, ne rien forcer est déjà une forme de santé mentale.
Observer ce qui est là.
Écouter ses résistances sans les juger.
Avancer à petits pas, ou simplement… se stabiliser.
Quand consulter un-e psychologue ?
Si le mois de janvier réactive :
un sentiment d’échec récurrent,
une forte auto-dévalorisation,
une anxiété liée à l’avenir,
ou une impression de ne jamais être « à la hauteur »,
un accompagnement psychologique peut aider à comprendre les mécanismes en jeu, à sortir de la pression intérieure et à construire un rapport plus juste à soi, au changement et au temps.
Pour conclure
Et si cette année, le vrai changement était de ne plus se faire violence pour aller mieux ?
Janvier peut être un point de départ, non pas pour devenir quelqu’un d’autre, mais pour commencer à s’écouter autrement.







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