Le Blue Monday
- Amélie Simonetti
- il y a 5 jours
- 2 min de lecture
Chaque année, au mois de janvier, le Blue Monday revient dans les médias. Présenté comme le jour le plus déprimant de l’année, il tombe le troisième lundi de janvier, à un moment où l’hiver semble peser particulièrement sur le moral.
Mais de quoi parle-t-on réellement ? Et pourquoi cette fatigue psychologique semble-t-elle parfois se prolonger bien au-delà de janvier ?
Qu’est-ce que le Blue Monday ?
Le concept de Blue Monday est apparu au début des années 2000. Il repose sur une formule dite « scientifique », censée combiner plusieurs facteurs : météo hivernale, manque de lumière, fatigue accumulée, contraintes financières et abandon des résolutions du début d’année.
Sur le plan scientifique, cette formule n’a aucune validité. Le Blue Monday n’est pas reconnu comme un phénomène clinique.
Pour autant, s’il continue d’être autant relayé, c’est parce qu’il met des mots sur une réalité fréquente : une fortr baisse de moral en hiver.
Pourquoi l’hiver fragilise-t-il autant le moral ?
L’hiver concentre plusieurs éléments connus pour impacter le psychisme :
diminution de la luminosité,
ralentissement du rythme de vie,
fatigue émotionnelle accumulée,
pression sociale à « bien commencer l’année ».
Chez certaines personnes, cela peut s’apparenter à une dépression saisonnière légère. Chez d’autres, il s’agit plutôt d’un épuisement psychologique progressif, sans tristesse franche mais avec une perte d’élan.
Quand le malaise ne s’arrête pas en janvier
Contrairement à ce que le Blue Monday laisse entendre, la difficulté ne se limite pas à un seul jour.
Février est souvent un mois délicat :
les fêtes sont loin,
l’énergie du début d’année s’est essoufflée,
le printemps paraît encore loin.
Psychologiquement, c’est un mois de temps long, où la fatigue hivernale peut se faire pleinement sentir.
Le décalage entre exigences et rythme intérieur
En hiver, le corps et le psychisme ralentissent naturellement. Pourtant, beaucoup continuent de s’imposer des exigences élevées : motivation, efficacité, stabilité émotionnelle.
Ce décalage peut générer :
de la culpabilité,
une impression de ne « pas avancer »,
une fatigue psychologique accrue.
Il ne s’agit pas forcément de dépression, mais souvent d’un besoin de réajustement du rythme.
Ce que cette période peut permettre en thérapie
En cabinet, cette période est souvent propice à un travail d’écoute :
reconnaître la fatigue émotionnelle,
comprendre ce qui s’accumule,
ajuster ses attentes envers soi-même.
Plutôt que de chercher à aller mieux rapidement, il s’agit parfois d’apprendre à respecter ses limites, sans se juger.
Et si le Blue Monday disait autre chose ?
Le Blue Monday ne signifie pas que « quelque chose ne va pas ». Il rappelle surtout que le psychisme humain est sensible aux saisons, aux transitions et à la pression invisible du quotidien.
Et cela est vrai bien au-delà du mois de janvier.







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