Anxiété : quand vouloir tout contrôler devient épuisant
- Amélie Simonetti
- 24 juin
- 2 min de lecture
Lorsque l’on parle d’anxiété, beaucoup imaginent immédiatement les crises d’angoisse, les palpitations ou les pensées catastrophiques.
Pourtant, l’anxiété se manifeste souvent de manière beaucoup plus discrète.
Elle peut prendre la forme d’une difficulté à lâcher prise, d’un besoin de tout anticiper, d’une tendance à vérifier plusieurs fois les choses ou encore d’une impression permanente de devoir rester en alerte.
Un cerveau qui cherche à nous protéger
À l’origine, l’anxiété n’est pas un dysfonctionnement. C’est un mécanisme de protection.
Notre cerveau tente d’identifier les dangers potentiels afin de nous permettre d’y faire face.
Le problème apparaît lorsque cet état d’alerte devient presque permanent.
Même en l’absence de danger réel, le cerveau continue de scanner l’environnement à la recherche de ce qui pourrait mal se passer.
Quand le contrôle devient une stratégie de sécurité
Face à cette inquiétude, nous développons souvent des stratégies pour nous rassurer en anticipant davantage, en organisant, vérifiant, réfléchissant sans cesse...
Sur le moment, ces comportements procurent une sensation de contrôle, épuisante mais sécurisant.
Peu à peu, la sécurité semble alors dépendre de notre capacité à tout prévoir.
Une fatigue qui ne se voit pas toujours
Cette vigilance permanente demande énormément d’énergie. Certaines personnes décrivent l’impression de ne jamais pouvoir réellement se reposer.
Même lorsqu’elles sont assises sur leur canapé, leur esprit continue de fonctionner :
Penser aux rendez-vous.
Anticiper les problèmes.
Imaginer les différents scénarios.
Prévoir la suite.
Cette activité mentale constante peut contribuer à la charge mentale, aux tensions corporelles, aux difficultés de sommeil et à un sentiment d’épuisement difficile à expliquer.
Apprendre d’autres façons de se sentir en sécurité
Sortir de l’anxiété ne consiste pas à supprimer toute inquiétude. Il ne s’agit pas non plus de devenir insouciant.
L’objectif est plutôt de développer progressivement une sécurité intérieure qui ne repose pas uniquement sur le contrôle.
Accepter que tout ne puisse pas être anticipé. Reconnaître que l’incertitude fait partie de la vie. Découvrir que nous sommes souvent plus capables de faire face que nous ne l’imaginons.
La thérapie comme espace d’exploration
La thérapie peut aider à comprendre ce qui nourrit cette vigilance permanente.
Parfois, celle-ci s’est construite au fil de l’histoire personnelle, de certaines expériences de vie ou d’un environnement dans lequel il était nécessaire d’être particulièrement attentif.
Comprendre ces mécanismes ne les fait pas disparaître instantanément. Mais cela permet souvent de retrouver davantage de liberté et de ne plus avoir à porter seul le poids d’une vigilance constante. Parce qu’au fond, vivre ne consiste pas à tout contrôler. Cela consiste aussi à apprendre que nous pouvons continuer à avancer, même lorsque tout n’est pas parfaitement prévisible.



Commentaires