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L’écoanxiété : quand l’été devient source d’angoisse

  • Photo du rédacteur: Amélie Simonetti
    Amélie Simonetti
  • 2 juin
  • 3 min de lecture

Il y a quelques années encore, les épisodes de forte chaleur semblaient exceptionnels. Aujourd’hui, dès le mois de juin, beaucoup d’entre nous regardent le thermomètre avec une certaine inquiétude.


Bien sûr, la chaleur peut être inconfortable physiquement. Mais pour certaines personnes, elle réveille aussi quelque chose de plus profond : une angoisse diffuse, un sentiment d’impuissance, parfois même une tristesse difficile à expliquer.


Lorsque les températures battent des records, que les médias parlent de sécheresse, d’incendies ou de ressources qui s’épuisent, il devient difficile de considérer ces sujets comme lointains. Le changement climatique cesse d’être une information. Il s’invite dans notre quotidien.


Une inquiétude qui a du sens


L’écoanxiété est une forme d’anxiété liée aux enjeux environnementaux et climatiques.


Contrairement à certaines peurs qui semblent déconnectées de la réalité, celle-ci s’appuie sur des préoccupations concrètes. Les changements observés sont réels et les informations auxquelles nous sommes exposés chaque jour peuvent être difficiles à intégrer psychologiquement.


Cette inquiétude peut prendre différentes formes. Chez certaines personnes, elle se traduit par des pensées récurrentes autour de l’avenir. D’autres ressentent surtout de la colère, de la tristesse ou de la frustration. Certaines ont l’impression de porter une responsabilité immense, tandis que d’autres se sentent découragées face à l’ampleur des défis.


L’intensité de ces réactions dépend bien sûr de la personnalité de chacun, mais aussi de son histoire, de sa sensibilité et de sa manière d’entrer en relation avec le monde.


Pourquoi l’été amplifie souvent ces ressentis


L’été est une saison particulière. C’est une période qui évoque habituellement les vacances, les moments passés dehors, les soirées qui s’étirent. Pourtant, depuis quelques années, elle est aussi devenue pour beaucoup la saison où les préoccupations écologiques prennent davantage de place.


La raison est simple : les conséquences du changement climatique deviennent visibles.

Un cours d’eau asséché, une végétation brûlée par le soleil, des températures inhabituellement élevées pendant plusieurs jours… Ces expériences ont un impact émotionnel bien différent de la lecture d’un article ou d’un rapport scientifique.


Certaines personnes décrivent alors une impression étrange : celle d’assister à quelque chose qui les dépasse tout en étant directement concernées.


Entre conscience et surcharge émotionnelle


Être sensible à ces questions n’est pas un problème en soi.


Au contraire, cette sensibilité témoigne souvent d’une capacité à se sentir concerné par le vivant, par les générations futures ou par le monde que nous laisserons derrière nous.


La difficulté apparaît lorsque cette préoccupation occupe trop de place. Notre cerveau n’est pas fait pour rester en permanence exposé à des informations alarmantes. Lorsque les actualités, les réseaux sociaux et les discussions tournent constamment autour des mêmes inquiétudes, il devient difficile de retrouver un sentiment de sécurité intérieure. Petit à petit, certaines personnes ont le sentiment que leur esprit ne parvient plus à se reposer.


Retrouver un peu de souffle


Beaucoup de personnes concernées par l’écoanxiété agissent énormément : engagement associatif, changements dans leur quotidien, attention à leur consommation, refus de prendre l’avion, efforts constants pour aligner leurs choix avec leurs valeurs.


Ce que j’observe souvent, c’est qu’il ne s’agit pas de “faire moins”, ni de se désengager. Leur engagement a du sens. Il est même souvent très structurant psychiquement : il donne une direction, une cohérence intérieure, parfois un sentiment d’utilité ou de contribution qui est précieux.


La difficulté apparaît plutôt quand cet engagement se fait au prix d’une forme d’épuisement intérieur.


À force de vouloir tenir, faire juste, faire mieux, certains finissent par ne plus avoir d’espace pour récupérer. Et pourtant, c’est souvent là que quelque chose se fragilise : la fatigue, la charge mentale, la perte de plaisir, ou une forme de tension permanente.


Prendre soin de soi apparaît alors essentiel. C’est souvent en retrouvant des espaces de respiration, de repos, de lien et de plaisir que l’on peut continuer à agir de manière durable, sans se brûler intérieurement.


L’idée n’est pas de faire moins, mais de pouvoir tenir dans la durée, avec de l’énergie, de la clarté, et une forme de solidité intérieure qui permet justement de continuer à agir en accord avec ce qui compte vraiment.


Quand en parler devient important


Parfois, l’écoanxiété ne concerne plus seulement les questions environnementales.

Elle vient toucher quelque chose de plus intime : notre rapport à l’incertitude, à l’avenir, au sentiment de contrôle ou encore à notre place dans le monde.


Lorsque les inquiétudes deviennent envahissantes, lorsqu’elles prennent de la place dans le sommeil, dans les pensées ou dans le quotidien, il peut être précieux d’avoir un espace pour les déposer.


Mettre des mots sur ce qui se joue permet souvent de retrouver une forme de respiration intérieure et de ne plus porter seul certaines préoccupations.


L’objectif n’est pas de ne plus être concerné par les enjeux écologiques. Il est plutôt de trouver une manière de rester conscient, engagé si on le souhaite, tout en continuant à vivre pleinement sa vie.

 
 
 

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